• Fanny Cohen

Autisme : et si l’expatriation était une solution pour une vie plus inclusive ?

Hier, c’était le 2 Avril. Et le 2 Avril, c’est le jour national de la sensibilisation à l’autisme. à cette occasion, on a choisi de vous parler de ces personnes qui décident de changer de pays pour offrir une meilleure vie à leurs enfants autistes.


L’autisme est aussi appelé “troubles du spectre de l’autisme” (TSA). Il résulte d’anomalies du développement neurologique et se manifeste notamment à l’âge de la petite enfance pour continuer lors de la vie d’adulte. Ses symptômes sont nombreux et variés, passant des difficultés à communiquer, une réticence forte au changement et des challenges à établir des interactions sociales réciproques. Plus de 80 000 personnes sont touchées par l’autisme en France et d’après l’Organisation Mondiale de la Santé, un enfant sur 160 dans le monde est atteint d’une forme d’autisme. Ce sont donc des chiffres très importants et un trouble qui touche de très nombreuses familles en France et dans le monde entier.


Vivre en France avec un enfant autiste peut présenter certains challenges sur lesquels nous reviendrons plus tard dans cet article. C’est d’ailleurs pourquoi notre invitée Sabrina (saison 1 épisode 17) a décidé de déménager au Texas, à Austin. Non seulement on vous conseille d’aller écouter son témoignage, car son histoire est très belle, mais on vous conseille aussi de continuer à lire cet article car on vous explique pourquoi, elle et son mari ont pris cette décision de quitter une vie très confortable en France pour recommencer de zéro dans le sud des Etats-Unis. Dans cet épisode, Sabrina se livre sans tabou sur la véritable raison de son expatriation : elle et sa famille ont été contraints de quitter famille, amis, travail et maison pour rejoindre un pays qui accueillerait et intégrerait véritablement leur famille, et plus particulièrement leur fils aîné, Valentin, petit garçon autiste et plein de vie.




Photo by RODNAE Productions from Pexels



Le constat de départ : Le système français ne prend pas très bien l’autisme en charge


Dans son épisode, Sabrina nous explique que pour son fils, l’inclusion y est compliquée. Il ne peut en effet être scolarisé qu’à mi-temps. D’autre part, les infrastructures ne permettent pas à Valentin d’être accueilli sur des temps de cantine à l’école ou bien même de faire des activités sportives. Deux choses qui servent au développement des enfants.


En effet, pour être scolarisé en France avec un trouble autistique , il faut pouvoir trouver un.e AVS (Assistant.e de Vie Scolaire). Et cela relève d’un challenge administratif important qui inclut de longues heures en contact avec plusieurs ministères français (santé et éducation), quelque chose que Sabrina a décrit comme une “bataille”. Notamment, notre invitée nous décrit la quantité élevée de papiers à fournir, un processus long, beaucoup de justifications sans jamais la garantie de commencer la rentrée avec un.e assistant.e qui permettra à son fils d’être guidé et aidé dans les activités quotidiennes d’un petit garçon de son âge. Enfin, même une fois que le graal AVS a enfin été déniché, les formations de ces derniers est une autre étape difficile à passer.


Sabrina nous parle d’un phénomène bien connu des classes en France : la surcharge d’élèves. Cela a pour conséquence un énorme manque de temps pour former les professeurs sur le handicap et leur permettre de favoriser l’inclusion comme les parents le souhaiteraient.



L’ouverture sur des solutions : Aux États-unis, l’inclusion des élèves autistes est beaucoup plus primordiale


Après avoir comparé la prise en charge de la scolarisation des enfants autistes dans de nombreux autres pays, Sabrina et son mari se sont rendu compte que les États-Unis pourraient remplir tous leurs critères . Il existe d’autres pays dans lesquels l’inclusion des autistes est une priorité, notamment en Europe comme en Italie et en Suède. Mais pour des raisons professionnelles, le couple a décidé de partir dans le 2ème berceau de la tech’ américaine, Austin au Texas. D’ailleurs pour les parents intéressés dans la prise en charge de leurs enfants aux États-Unis, sachez que le couple a aussi étudié la Californie qui a de très bons programmes inclusifs mais les prix des loyers et de la vie sur place les ont dissuadés.


Partis en repérage à Austin en 2016, ils tombent amoureux de la ville, des températures douces hivernales et de l’ambiance. Ils en profitent bien évidemment pour visiter des centres de prise en charge des enfants autistes. À ce moment-là, le couple se sent très à l’aise avec l’accueil qu’ils ont reçu et avec la prise en charge en soi que ce soit en centre, à l’école ou pour les activités extra scolaires.

Aussi, ils s’accordent avec les lois qui s’appliquent à l'État du Texas à ce sujet comme la loi de 1990, American with Disability Act (ADA) pour la non-discrimination et la loi Individuals with disability Education Act (IDEA) de 1975 qui garantit une scolarisation adaptée aux enfants en situation de handicap.



Photo by Max Fischer from Pexels


Ce qui frappe le plus Sabrina et son mari, c’est donc la culture autour du handicap aux États-Unis, cette vision différente du “ pourquoi est-ce que ton enfant ne pourrait pas ?” au lieu de “ ça risque d’être compliqué…”. Si l’autisme est pris en charge par les États-Unis, d’autres formes de handicaps le sont aussi afin de permettre par exemple aux enfants trisomiques, mal- ou non-voyants ou encore malentendants de suivre une scolarité similaire aux autres enfants et à leurs côtés.


Enfin, on souligne également que la facilité des démarches administratives est un plus dans la décision de déménager dans ce cas de figure.


D’autres avantages ont été soulignés sur des blogs et par des parents qui ont déménagé en Amérique du Nord (USA et Canada), notamment :

  • Un diagnostic plus rapide lors de l’enfance

  • Un travail avec des orthophonistes, des thérapeutes et des psychologues scolaires dès le plus jeune âge - décrit ici

  • Une forte culture de l’acceptation des différences et un terme “Autism-friendly” qui décrit ce qu’on met en place pour rendre le quotidien accessible.

  • Et d’après Eileen sur le blog HopToys, dans la vie de tous les jours et pas seulement à l’école, l’autisme est accepté et on aide les personnes qui en sont atteintes. Par exemple, elle souligne que les coiffeurs peuvent ouvrir plus tôt pour les enfants autistes et que les parcs d’attraction et les salles de jeu s’adaptent.

Des choses pour lesquelles malheureusement la France est toujours un peu en retard.





L’expatriation pourrait donc vous convenir si vous êtes dans le cas de notre invité, toutefois un départ de France reste un grand changement pour vos enfants et pour vous. Comme toutes les expatriations, cela amènera son lot de challenges. Un déménagement ne sera pas la fin des difficultés notamment car déraciner un enfant qui a une forte réticence au changement pourra apporter des complexités. Cependant, à ce jour, Sabrina et son mari n’ont aucun regret. Notamment car les enfants nous surprennent toujours par leur capacité d’adaptation.


Et vous ? Vous êtes aussi dans cette situation ? Connaissez-vous d’autres pays dans lesquels l’inclusion vous semble beaucoup plus développée qu’en France ? Dites-le nous dans les commentaires. C’est un sujet qui nous tient à cœur.


Encore une fois, rendez-vous ci-dessous pour écouter cet épisode poignant et plein de détermination. Un parcours qui motive et inspire comme on les aime. Un grand merci à Sabrina pour sa participation au podcast. Et d’ailleurs, Sabrina a aussi raconté son histoire sur le podcast Expat Families, retrouvez-le ici.



Encore une belle journée de la sensibilisation à l'autisme à tous,


Fanny

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