• Julie Houmard

Bien s’intégrer dans son pays d’expatriation

Mis à jour : il y a 4 jours

Témoignage et conseils


En fonction du pays dans lequel vous décidez de vivre et de votre situation personnelle, l’intégration en expatriation est plus ou moins facile. Que vous soyez à l’étranger pour vos études, que vous ayez été envoyé à l’autre bout du monde par votre employeur ou que vous tentiez l’aventure en famille, voilà déjà trois contextes qui influent sur vos conditions d’intégration dans un pays. Pour bien s’intégrer dans son pays d’expatriation, voici quelques conseils tirés de mon expérience dans trois pays très différents.


Photo : Erwan Hesry


3 expatriations : 3 expériences d’intégration


Mais au fait, l’intégration, c’est quoi ? Si on prend la définition sociologique, c’est le fait de se sentir appartenir à la communauté locale du pays dans lequel on vit. Le sentiment d’intégration est très personnel et il dépend de beaucoup de facteurs : l’énergie qu’on y met, les conditions dans lesquelles on arrive dans le pays, la durée de l’expatriation, la façon dont on se sent accueilli, etc. J’ai vécu dans plusieurs pays et aucune intégration n’a ressemblé à la précédente. Après une intégration complètement ratée en Écosse, une super adaptation à l’île Maurice et une intégration en demi-teinte en Indonésie (Bali), je partage avec vous les leçons que j’en ai tirées.

Une intégration complètement ratée en Écosse

Baccalauréat en poche, j’ai débarqué à 19 ans à Édimbourg où j’ai passé cinq mois. Je n’étais pas là pour étudier, mais pour vivre une expérience à l’étranger après un début d’année scolaire compliqué dû à mauvais choix d’orientation. En attendant la rentrée suivante, j’ai donc décidé de partir dans un pays anglophone pour perfectionner mon anglais. Résultat : après ce séjour, j’ai à peine amélioré mon niveau, par contre j’ai énormément progressé en espagnol ! Le fait est que je vivais dans une colocation avec un couple d’Espagnols et un Taïwanais mutique. J’ai rapidement sympathisé avec ces deux Espagnols qui m’ont aidée à trouver un job dans un groupe hôtelier où travaillaient de nombreux Hispaniques. Le manager était Écossais, mais j’ai mis un temps fou à déchiffrer son très fort accent. Voilà, pendant ces cinq mois, je me suis très bien intégrée à la communauté espagnole d’Édimbourg, mais bon, ce n’était pas tout à fait l’objectif.

Ma deuxième expatriation : intégration réussie haut la main

Pour ma seconde expérience longue durée à l’étranger, je me suis installée un an à l’île Maurice avec mon fils et mon mari qui est... Mauricien. Alors là, je ne vous cache pas qu’avoir un conjoint natif du pays dans lequel on s’installe vous fait gagner un temps fou ! J’ai côtoyé énormément de Mauriciens, toute la famille de mon mari qui y vit, mais aussi ses amis. Notre fils est allé dans une école locale, j’ai suivi des cours de cuisine avec une Mauricienne, etc. J’ai compris très vite le créole et, même si j’ai un peu de mal à le parler, je dirai que je comprends environ 90 % d’une conversation en créole. Bref, c’est un pays dans lequel, aujourd’hui encore, je me sens chez moi et complètement intégrée.

Deux ans à Bali et une intégration en demi-teinte

En 2017, nous avons quitté la France pour voyager au long cours. Après un an à se balader en Asie du sud-est, nous avons choisi de poser nos valises à Bali où nous sommes restés deux ans. L’expérience, en tant que couple étranger en Asie, est encore très différente. À Bali, mon mari avait la volonté farouche de s’intégrer. Il a appris l’indonésien en mode intensif. De mon côté, cette expérience balinaise correspond à une période pendant laquelle j’ai mis toute mon énergie dans le développement de mon activité professionnelle. Je crois que je n’avais plus assez d’énergie pour les relations sociales et j’ai choisi la facilité en me tournant vers une communauté d’entrepreneurs français présente à Bali. J’avais besoin et envie d’échanger sur cette nouvelle expérience avec des gens qui vivaient la même chose que moi. Des personnes qui avaient les mêmes références et avec lesquels je n’ai pas eu à chercher mes mots pour m’exprimer sur ce sujet tout nouveau pour moi. Grâce à mon mari, nous avons eu de chouettes échanges avec des Balinais, nous consommions local, nous discutions avec nos voisins Balinais, mais je ne peux pas dire que je me suis sentie complètement intégrée. Notamment parce que je n’ai pas fait l’effort d’apprendre la langue de ce pays et que j’avais besoin d’un intermédiaire pour échanger avec ceux qui ne parlaient pas anglais. La culture balinaise est si différente de la nôtre qu’il me faudra encore du temps pour la découvrir et mieux la comprendre. J’adore cette île et je ressens une certaine frustration par rapport à cette expérience que nous avons dû écourter à cause du Covid-19, donc je ne vois qu’une solution : y retourner !


Plat typiquement balinais - Photo Nomadic Bernique


Mes conseils pour s’intégrer au mieux dans le pays dans lequel on vit


French Expat Le Podcast vous a déjà livré de précieux conseils pour s’intégrer dans un nouveau pays. J’ajoute à cet article, quelques conseils, issus de mon expérience, pour s’intégrer davantage à la population locale :


👉 Apprendre la langue


Ne pas maîtriser le langage du pays dans lequel on vit est à mes yeux la principale barrière entre les locaux et les étrangers. Celui qui fait l’effort d’apprendre la langue marque sa volonté de s’intégrer. Parlez quelques mots de la langue locale et vous êtes immédiatement considérés différemment. Dans les pays où il est coutume de marchander, quelques mots dans la langue du pays font baisser le prix illico ! N’hésitez pas à suivre des cours. Vous apprendrez la langue et, si vous choisissez un prof avec qui le feeling passe bien, vous apprendrez bien plus encore. Il sera sûrement question de culture, d’histoire, de traditions… C’est vraiment l’occasion d’en apprendre davantage sur votre pays d’accueil.


👉 Respecter les us et coutumes


Ça peut paraître évident pour la plupart d’entre vous, mais le respect des autres (surtout quand on n’est pas encore chez soi) est la base. En s’expatriant, on fait le choix d’intégrer un environnement différent. Cuisine, religion, traditions, code vestimentaire... préparez-vous à être un peu bousculé par tous ces changements. Quel que soit le pays où vous vous apprêtez à vivre, oubliez vos a priori. Le choc des cultures est parfois là où on ne l’attend pas : ce n’est pas parce qu’on s’installe dans un pays limitrophe ou un pays francophone, que l’intégration est plus facile qu'à l'autre bout du monde. Avant de vous lancer dans l’expatriation, renseignez-vous un minimum sur votre pays d’accueil, car il y a beaucoup de choses que vous devrez accepter quoi qu’il arrive. Je pense notamment au système administratif et judiciaire, ou encore au code de la route. Pour le reste, laissez-vous porter par cette nouvelle vie à l’étranger qui vous réserve bien des surprises.


👉 Être ouvert et curieux

Les locaux ne vous ont pas attendu pour vivre leur vie. Si vous voulez aller à leur rencontre, découvrir leur façon de vivre, il va falloir faire le premier pas. Montrez-vous curieux, goûtez à la cuisine locale, soyez ouvert d’esprit, même quand certaines choses vous surprennent. Ah, j’y pense, c’est difficile au début, mais, essayez de ne pas faire sans cesse des comparaisons avec la France. Notre mode de vie à la française est notre référence, notre point de repère, mais si on s’y rattache en permanence on peut avoir tendance à classer les choses dans la catégorie “c’est mieux qu’en France” ou “c’est moins bien qu’en France”. Alors que si on accepte simplement qu’ici, les choses sont différentes, on se place dans un autre état d’esprit.


👉 Ne pas se précipiter sur la communauté française locale

Je parle d’expérience ! Il ne s’agit pas de renoncer à côtoyer des Frenchies, mais si vous avez une réelle volonté de vous intégrer et d’aller à la rencontre des habitants de votre nouveau pays, n’hésitez pas à vous présenter à vos voisins, à aller vous promener dans le quartier, arrêtez-vous dans un petit restaurant local… Vous aurez tout le temps de découvrir ensuite le groupe de Français de votre ville, la boulangerie française et autres petits plaisirs auxquels vous n’avez aucune raison de renoncer. Je sais à quel point la communauté française peut être rassurante, voire réconfortante, quand tout est nouveau et qu’on n’a plus de repères. Simplement, si vous souhaitez vous intégrer rapidement, n’en faites pas une priorité. Essayez plutôt de vous mêler à la vie locale, en écoutant la radio, en lisant les journaux, en participant à la vie locale et aux événements qui rassemblent les gens de votre quartier.

👉 Ne pas être trop pressé

Un dernier conseil pour ceux qui, comme moi, sont parfois impatients et aimeraient déjà se sentir chez eux après quelques semaines d’installation. L’intégration prend du temps. Le temps de découvrir un pays, sa culture, sa population, sa langue… et de l’intégrer ! On repart de zéro, il faut donc se recréer un nouvel environnement, de nouveaux cercles sociaux, le genre de chose qui ne se fait pas en un jour. Pour les uns, ça prendra quelques mois, pour d’autres ça peut prendre des années. En attendant de vous sentir intégré, vous vivrez tout un tas d’anecdotes liés à la langue et à la culture de votre nouveau pays. D’ailleurs, si vous avez envie de rire un peu, je vous conseille d’écouter l’épisode 58 du podcast. L’un des plus drôles de la saison 1 qui évoque justement ces différences d’un pays à l’autre : Quiproquos et situations rocambolesques en voyage.


On place souvent l’intégration comme le Saint Graal sur l’échelle de l’expatriation, mais je réalise aujourd’hui que ce n’est peut-être pas le but ultime de tous les expatriés. En écoutant les différents invités raconter leurs expériences sur French Expat Le Podcast, je constate que chacun vit son expatriation à sa façon. Qu’on reste quelques mois dans un pays ou qu’on envisage de s’y établir définitivement, les enjeux et les attentes ne sont évidemment pas les mêmes. Alors, soyons relax avec l’intégration et que chacun construise son voyage et vive son expérience selon ses envies !


➜ Retrouvez le récit de mon parcours dans l’épisode 19 de la saison 1 - Julie : Celle qui voulait être libre.

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