• Cyndel Stuyvers

Covid et projet d'expatriation : et si on reculait pour mieux sauter ?

Mis à jour : avr. 30


© Photo par Anna Shvets - Pexels


Un projet d’expatriation n’est jamais anodin. Il est pensé des semaines, des mois, voire même des années en amont. D’autant plus s’il s’agit d’un projet que l’on mène à plusieurs, que ce soit en couple ou en famille.


Mais n’allons pas se mentir, en cette période si incertaine et difficile de pandémie, concrétiser un tel projet peut s’avérer finalement plus compliqué que prévu. Je m’appelle Cyndel et vous avez déjà découvert deux de mes articles sur le blog (ici et ici). Je m’étais initialement présentée comme future expatriée à Montréal avec mon conjoint. Mais après plus de 6 mois de préparation, nous avons finalement décidé de reporter ce projet. Une situation à laquelle je ne suis probablement pas la seule à avoir fait face, et dont j’avais envie de vous parler aujourd’hui.


Phase 1 : l'excitation de la préparation - le rêve d’une nouvelle vie à l’étranger


Durant l’été 2019, nous étions en vacances avec des amis qui devaient partir à l’étranger pour un échange universitaire. De notre côté, nous avions envie de voyages, de découvertes et de concrétiser ces envies à deux. C’est ainsi que nous avons commencé à réfléchir à l’expatriation, en nous disant simplement : pourquoi pas nous ? Le Canada nous faisait rêver tous les deux. Une destination dont j’avais d’ailleurs gardé de merveilleux souvenirs lors d’un précédent voyage. Alors avant de tout plaquer pour partir vivre de l’autre côté de l’Atlantique, nous nous sommes renseignés sur les démarches à effectuer.


Nous voilà donc à écumer les blogs, les forums, les réunions d’informations, et les podcasts bien entendu, en quête de toutes les informations essentielles pour préparer notre départ ! Une fois les démarches en tête, nous nous sommes attaqués à la recherche de travail. Nous avions la chance d’avoir moins de 35 ans et de pouvoir prétendre au programme EIC (Expérience Internationale Canada). Les démarches étant ainsi grandement simplifiées pour obtenir un permis de travail. D’abord Toulouse, puis Paris, entre septembre et décembre 2019 nous avons participé à tous les événements de recrutement qui se tenaient en France, avec un objectif en tête : trouver tous les deux un travail, destination le Québec.


En janvier 2020, je décrochais un poste. J’obtenais dans la foulée, en février, mon permis de travail. Et nous décidions de partir fin mars pour cette grande et belle aventure. Nous avions commencé à regarder les appartements, les différents quartiers. Nous échangions avec des expatriés déjà sur place. Nous étions pleins d’espoir et n’avions qu’une hâte : concrétiser cette aventure qui nous tenait tant à cœur.


Phase 2 : l’incertitude du départ - reporter notre projet d’expatriation ?


Puis mi-mars 2020, alors que nos billets d’avion et notre premier point de chute étaient réservés, tout s’est arrêté. Le Covid a fait son entrée sur la scène internationale. Au grand dam des voyageurs et futurs expatriés que nous étions. Et comme ce fut le cas pour beaucoup d’entre nous, j’en suis convaincue, nous étions donc confinés, obligés de reporter notre départ. Dans une situation plus qu’incertaine, alors que le marché de l’emploi commençait à se tendre, en France comme à l’étranger.


L’entreprise dans laquelle j’étais supposée commencer à travailler a accepté de reporter mon départ de quelques mois. Mais j’étais la seule de nous deux à avoir trouvé un emploi et nous comptions sur le dynamisme du marché du travail au Canada pour que mon conjoint en trouve un lui aussi. Et puis, nous ne redoutions pas le fait que l’un pourrait avoir un travail et pas l’autre, en tout cas dans un premier temps. Rien d’insurmontable, comme le souligne Fanny dans son article “suivre son conjoint en expatriation sans autorisation de travail”.


Mais entre les reports à répétition de ma date d’embauche, le fait que le secteur de mon conjoint se retrouvait quelque peu à l’arrêt et que les perspectives d’embauches devenaient très incertaines, il était de plus en plus difficile de se projeter dans cette nouvelle vie. D’autant plus qu’ici, en France, nous avions tous les deux la chance d’avoir un très bon emploi. Et dans ce contexte, que ce soit pour nous ou pour nos proches, l’idée de devoir abandonner cette stabilité n’apparaissait plus aussi excitante qu’au début.


En parallèle, alors qu’un départ aurait pu finalement être envisagé en janvier 2021, nous avons préféré réfléchir à nouveau à notre démarche. Nous avions entre temps obtenu tous deux de nouvelles opportunités professionnelles dans nos entreprises actuelles. Pour ma part, j’ai eu une opportunité d’évolution sur un nouveau poste plus en adéquation avec mes aspirations. Nous nous sommes alors simplement posé une question : ne devrions-nous pas finalement reporter cette aventure ?


Nous avons donc pesé à nouveau le pour et le contre. Et le contexte étant ce qu’il est, il nous semblait plus raisonnable de laisser passer davantage de temps avant d’envisager un nouveau projet d’expatriation. Nous avons conclu que cela serait probablement un mal pour un bien. Nous permettant d’acquérir une meilleure expérience professionnelle ici pour décrocher de meilleurs postes à l’étranger à l’avenir. Mais aussi et surtout, pour nous donner l’occasion de repenser ce projet d’une toute autre façon, peut-être meilleure ?


Phase 3 : la voix de la raison - s’expatrier (mieux) plus tard


© Photo par Westwind Air Service - Unsplash


Ce projet d’expatriation est véritablement né de cette volonté de vivre une expérience unique à deux. Nous sommes jeunes, sans enfants ni maison, et avec des emplois certes intéressants, mais pas irremplaçables. Le moment parfait en somme pour réaliser un tel projet. Mais au final, existe-t-il vraiment un moment parfait ?


J’en suis convaincue, bon nombre de projets ont dû être avortés, reportés ou repensés à cause de cette pandémie. Notre expatriation en a fait les frais. Mais nous aurions très bien pu faire le choix de le tenter malgré tout. Pour certains dont le projet est plus solide ou plus avancé, la pandémie a simplement modifié quelque peu les plans initiaux. Comme ce fut le cas pour Laetitia par exemple, qui nous raconte son histoire à Jérusalem dans l’épisode 28 de la saison 2. Et notamment de sa difficulté à commencer une expatriation en pleine pandémie. D’autant plus qu’au début, expatriation rime souvent avec découverte de la ville d’adoption, rencontres de nouvelles personnes, tissage de liens humains, rentrée à l’école des enfants et autant d’autres choses qui deviennent très limitées dans ce contexte.


Aussi, nous voulions profiter du fait de ne pas avoir d’enfant pour nous expatrier. Mais finalement, nous avons pu découvrir ne serait-ce qu’au travers des épisodes du podcast et des articles du blog, de nombreuses histoires d’expatriation en famille qui nous ont fait réaliser qu’il serait idiot de penser que le moment est mieux choisi quand on n’est qu’à deux. N’est-ce pas ? En tous cas ce n’est pas Steve qui nous dirait le contraire puisqu’il a su nous parler avec beaucoup de justesse de ses secrets pour une expatriation en famille réussie. Une expatriation qui apparaît ainsi comme une toute autre aventure, d’autant plus belle et excitante qu’on y implique également ses enfants.


De notre côté, nous avons décidé de prendre le contre pied de cette “non expatriation” en se disant que c’était pour nous l’occasion de repenser cette phase de préparation. En se disant que nous avions le temps, que rien ne pressait. Et puis que nous pourrions aussi planifier d’autres voyages exploratoires à différentes saisons notamment. Et oui il serait peut être bien d’expérimenter l’hiver Canadien avant d’envisager de s’y installer ! Aussi, le simple fait d’avoir considéré un tel projet de vie nous permet finalement de rester ouverts à de nouvelles opportunités : après tout le Canada nous faisait rêver, mais qui sait ? Peut-être aurons-nous d’autres opportunités qui se présenteront à nous à l’avenir.


Et vous, vous aviez des projets d’expatriation qui ont dû être repensés à cause du Covid ? Ou à l’inverse, le covid vous a-t-il motivé à partir plus vite ? Racontez-nous dans les commentaires !

Et sachez surtout que vous n’êtes pas seuls à être dans l’incertitude.



Texte de Cyndel Stuyvers • www.onmyroadagain.fr@cyndels_ sur Instagram


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