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Erasmus en Italie : retour sur mon expérience turinoise

Après le superbe article d’Inès sur son expérience Erasmus en Suède, et l’épisode d’Agathe, qui est tombée amoureuse de la Norvège grâce à son semestre Erasmus, je vous propose de découvrir pourquoi l’Italie est aussi une excellente destination pour un semestre ou une année d’études à l’étranger !

Turin - Crédits photo : © Margaux Sanfourche


Tout d’abord, l’Italie, pays de la dolce vita par excellence, possède de très bonnes universités, notamment à Milan et à Turin. Elles sont réputées dans tout le pays et même à l’international, où les élèves ne chôment pas et ne prennent pas leurs études à la légère, comme nous le verrons ci-dessous.

Pour la petite histoire, l’Italie n’était pas mon premier choix : j’aurais aimé Dublin en Irlande ou Trondheim en Norvège (comme Agathe !). Mais pour le premier, il fallait absolument y passer un an, hors j’avais des engagements associatifs qui ne me le permettaient pas, et pour le second, je n’avais tout simplement pas assez travaillé ! J’ai également essayé de créer un nouveau partenariat entre la filière de mon école d’ingénieur et l’université de Florence pour pouvoir y rejoindre une amie, mais Florence n’a pas accepté ma proposition et j’ai finalement atterri à Turin. J’avais fait un stage à Milan l’année précédente, j’avais donc d’ores et déjà un attrait particulier pour le pays de Dante, mais Turin ne m’inspirait pas grand-chose : en bref, je ne savais pas à quoi m’attendre. Me croirez-vous si je vous dis que j’ai finalement préféré Turin à Milan ? Lisez cet article jusqu’au bout pour découvrir pourquoi !

Avant de vous révéler ce qui fait la particularité de Turin dans les deux derniers points de l’article, je vous partage quelques éléments pour vous convaincre de considérer l’Italie dans vos choix d’Erasmus.

1 – La richesse de la culture italienne

De l’histoire à la gastronomie, en passant par l’art et le sport, il est difficile de passer à côté de la richesse culturelle italienne. Le monde entier se presse à Venise, Rome, Florence ou Naples pour y visiter les vestiges antiques, admirer les peintures des grands maîtres, assister à des opéras, manger de la mozzarella di Buffala, boire du chianti, encourager les footballeurs et découvrir le Vatican.

Quelle que soit la ville que vous choisissez de visiter, vous n’aurez pas assez d’une semaine pour tout voir, car chaque coin de rue peut se transformer en surprise architecturale ou sculpturale. Ceci est particulièrement vrai à Rome : soyez prêt à marcher ! En bref, il y a toujours quelque chose à voir, à visiter, à découvrir, vous ne vous ennuierez pas une seule seconde.

2 – La richesse des paysages

Du nord au sud, d’est en ouest, le pays en forme de botte vous offre une variété de paysages qui ont inspiré plus d’un artiste : de la Toscane qui ressemble à une peinture, aux Dolomites vertigineuses, en passant par la mer turquoise de la Côte Amalfitaine ou par les maisons blanches des Pouilles, vous aurez de quoi être émerveillé•e.

La plupart des grandes villes possèdent également des parcs et des jardins immenses où il fait bon flâner, laissant sa place à la nature et vous permettant de vous mettre au vert où que vous soyez. Le parfum des fleurs au printemps ravira vos narines.

D’autre part, le pays est assez bien connecté et pas très grand : que ce soit en train, bus, covoiturage ou avion, il est assez facile de se déplacer d’une région à l’autre en fonction de son budget et de passer un week-end à explorer un nouvel endroit. Je suis notamment descendue de Turin jusqu’à Naples en voiture, pour y passer trois jours.

Enfin, si vous êtes féru•e d’outdoor, vous serez servi•es en matière de randonnées l’été et de ski l’hiver (au nord du pays). Si vous avez le pied marin, les sports nautiques ont également la côte. A Turin notamment, le sport national est l’aviron sur le fleuve Po.


Magasin de pâtes à Naples - Crédits photo : © Margaux Sanfourche


3 – Le coût de la vie

Globalement, bien que cela ait pu évoluer par rapport à 2013/2014, et que cela dépende de la ville, l’Italie n’est pas un pays très cher, surtout si vous savez comment vous y prendre. En tant qu’étudiant•e, vous disposez de nombreux avantages et offres dans les musées ou même certains bars. Et pour prendre un verre, privilégiez les aperitivos (ou apericena selon la ville) !

Ce concept génial consiste à payer sa consommation et à pouvoir profiter du buffet à volonté. Vous pouvez ainsi avoir l’impression de vous offrir un restaurant à moindre frais et passer une très bonne soirée sans avoir dévalisé votre compte en banque. Cependant, il faut bien vérifier le bar où vous mettez les pieds : vous n’êtes pas à l'abri de tomber sur des radins qui ne vous offrent qu’un bol de cacahuètes, ce qui n’est pas le concept initial ! Faites vos recherches, testez des adresses et repérez les meilleures, celles où vous pouvez manger des courgettes, des jambons, des gressins, du fromage … bref un véritable aperitivo !

D’autre part, il y a beaucoup d’auberges de jeunesse, de couchsurfing ou d’airbnb, qui vous permettent de vous loger à moindre coût. La ville la plus chère que nous ayons faite était Rome, où la nuit dans l’auberge de jeunesse revenait à environ 20€ (back in 2014).

4 – L’italien pour la vie quotidienne et l’anglais pour le reste

Un avantage non négligeable de l’Italie, pour un•e francophone, est la langue : l’italien et le français ayant des racines communes, il est assez aisé de maîtriser la langue de Dante et de réussir à se débrouiller, voire à devenir fluent, en quelques mois. Ce qui n’est pas la même histoire en Russie ou en Hongrie par exemple. De plus, l’Italie étant un pays très touristique, vous trouverez toujours quelqu’un avec quelques notions d’anglais pour vous aider (dans les lieux touristiques, pas dans les campagnes ! un peu comme en France).

La langue est un véritable atout pour votre intégration dans la vie quotidienne et pour l’aspect administratif. Même si, en tant qu’Erasmus, vous pouvez avoir tendance à passer plus de temps avec les élèves internationaux•ales qu’avec des Italien•ne•s, en fonction de la ville où vous êtes et du logement que vous avez choisi, et donc à converser davantage en anglais qu’en italien.

Si votre université propose des logements à disposition des étrangers•ères et que vous jetez votre dévolu là-dessus, vous serez entouré•es de toutes les nationalités possibles et imaginables. C’est encore plus le cas à Turin et Milan, les deux meilleures universités du pays, qui proposent des cours exclusivement en anglais*, et attirent de ce fait les étudiants•es internationaux•ales. Si vous choisissez de trouver une colocation ou un appartement par vous-même, en dehors des campus, vous avez plus de chances de cohabiter avec des Italiens•nes, ce qui enrichira votre expérience purement italienne !

Pour ma part, j’étais en colocation avec une Chinoise et une Israélienne dans une résidence dédiée aux étudiants•es étrangers•ères, et mes amis•es étaient polonais•es, mexicains•es, espagnols•es, danois•es, allemands•es, turques, américains•es, français•es ou suédois•es ! J’ai rencontré des Italiens•nes en cours et par des amis qui habitaient dans des colocations en dehors du campus. Toute expérience à l’étranger est immensément riche, et en tant qu’étudiant, il est d’autant plus aisé de faire des rencontres et de tisser des liens forts d’amitié en peu de temps. Je suis toujours en contact avec certains d’entre eux, et nous nous rendons visite dans nos pays ou pays d’adoption respectifs.

* A noter que d’autres universités ne proposent pas cela, et, à Florence par exemple, la plupart des cours sont tout bonnement en italien.


Barque à Lerici - Crédits photo : © Margaux Sanfourche


5 – Attention, vous allez devoir bosser !

Si vous partez en Italie pour vous la couler douce du point de vue scolaire, réfléchissez-y à deux fois et vérifiez bien l’université et les cours que vous avez choisis ! Tout le monde s’attend à devoir bosser comme un dingue en Norvège ou en Australie - même si on n’est jamais vraiment préparé à ce qui nous attend, car entre une école d’ingénieur et une université étrangère, la méthode de travail est totalement différente -, mais personne ne se dit qu’en Italie, ça va être dur …

Grosse désillusion pour ma part ! Politecnico di Torino est la deuxième meilleure université d’Italie (après Politecnico di Milano) et l’université ne fait pas de quartier aux étudiants•es internationaux•ales. C’est notamment vrai pour ceux•celles qui suivent des cours en anglais puisque les étudiants•es italiens•nes eux•elles aussi suivent les cours dans la langue de Shakespeare qui n’est pas leur langue maternelle. Si vous devez passer un rattrapage, vous serez obligé•e de revenir sur place, où que vous soyez dans le monde : oui, même si vous êtes Chinois•e, ils n’acceptent pas de vous faire passer l’examen par Skype ! Peut-être qu’avec ce que nous avons vécu en 2020 (aka notre ami le Covid !), les choses ont changé à ce sujet et les règles se sont assouplies, mais en 2014, j’ai dû prendre un jour de congé à mon stage de fin d’études et revenir sur place pour un entretien oral de rattrapage de 30 minutes.

J’avais choisi des cours en anglais, et j’ai appris a posteriori qu’ils étaient réputés difficiles à valider. Mon amie à Florence, qui n’avait suivi que des cours en italien, n’a pas rencontré les mêmes obstacles : ses examens consistaient en des entretiens oraux en italien avec ses professeurs, et elle a même pu en faire certains par Skype.

6 – Turin, une excellente découverte

Malgré la charge de travail inattendue, j’ai pris le temps de visiter Turin et j’ai profité de mon semestre Erasmus comme il se doit (on ne va pas se mentir, je n’avais pas prévu de vivre en ermite !). J’ai tout simplement adoré la ville.


Turin est à taille humaine, tout peut se faire à pied aisément, et contre toute attente, c’est une pépite architecturale (à bas les préjugés de Turin, ville industrielle moche !). Elle est moins touristique que Milan, Rome ou Florence, c’est donc plus agréable au quotidien. Elle regorge de petits bars et de petits restaurants. En tant qu’ancienne capitale des Etats de Savoie et capitale du Piémont, elle possède un grand nombre de musées et de palais tous plus beaux les uns que les autres (c’est même à Turin que vous pourrez admirer la plus grande collection européenne d’antiquités égyptiennes). Les gens sont détendus et l’accès à la nature est aisé. Bref, pour un rythme de vie plus cool et moins guindé, je vous recommande Turin sans hésiter.

Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à découvrir l’article que j’avais écrit sur mon blog avec toutes les bonnes adresses de l’époque (avec les années et le Covid, il est possible que certains commerçants ou restaurateurs aient malheureusement mis la clé sous la porte).

N’hésitez plus, choisissez l’Italie ! Et vous, êtes-vous parti•e en semestre ou année à l’étranger ? Où êtes-vous parti•e ? Dites-nous tout :)


Margaux

@cagettedevoyages