• Steve Blumstein

L’expatriation en famille : le secret d’un départ sans stress


Dans mon précédent article, je t’ai partagé les différentes ambitions d’une expatriation en famille. À présent, je vais t’expliquer comment réussir la préparation de ton projet avec tes enfants scolarisés.



1. Impliquer ses enfants dans le processus d’expatriation


  • La communication : la clé d'une expatriation en famille réussie

Selon moi, le plus grand danger en déménageant à l’étranger vient du fait que l'on impose ce changement à son enfant. Une expatriation subie, par ton fils, ta fille ou ta conjointe n’est pas idéale. Je suis convaincu que dans la vie quand on prend part aux décisions, on adopte les changements qui en découlent plus facilement.

Avant de nous expatrier, nous avons planifié et préparé ce grand départ pendant 18 mois. Nous avons pris la décision de partir en famille. Évoquer les aspects positifs et négatifs avec notre fils de huit ans et demi à l’époque, nous a semblé essentiel. Personnellement, j’ai toujours comparé notre famille à une équipe : on se consulte, on se dit tout, on partage et on collabore. Parfois, ça pique un peu, mais tout le monde en sort grandi.

Pour ce faire, la communication est primordiale. Chacun donne son avis, échange et partage. Le débat est ouvert et dévoile des perspectives insoupçonnées, et ce, même si un des participants est haut comme trois pommes.

  • Les recherches : un moyen de se rassurer et de générer de l’engouement

Toujours avec pour objectif de vivre l’expatriation comme projet commun, nous avons réalisé nos recherches en partageant avec notre fils nos trouvailles, nos appréhensions, et les bonnes et moins bonnes surprises que celles-ci ont dévoilées. Les villes, les écoles et j’en passe, toute occasion était prétexte à imaginer notre future expatriation :

  • Nous suivions de nombreux Youtubeurs depuis un moment, comme par exemple, Alex Vizeo, Alex & MJ, GregsWay et la Family Coste.

  • Nous consultions avec minutie les forums (Immigrer.com, PVTistes) et restions attentifs aux conseils d’expatriés déjà sur place via Instagram .

  • Nos recherches ont également été alimentées par la préparation de notre roadtrip, celui que nous voulions réaliser avant une éventuelle installation : que visiter, où aller, se renseigner sur certaines villes, les différents centres d’intérêts, activités etc.


.

  • Le voyage exploratoire est rassurant et enivrant.

Premièrement, il conforte ta prise de décision. Deuxièmement, il oriente tes choix. Troisièmement, ton enfant se fera une idée concrète de l’endroit où vous projetez de vous installer même si c’est parfois abstrait ou trop tôt pour juger. Un roadtrip t’apprendra tout un tas de choses sur la région mais n’est simplement pas représentatif de la vie sur place. Néanmoins,c’est une superbe première étape. En ce qui nous concerne, dès le premier pas posé à l’aéroport Roissy Charles-De-Gaulle au retour de ce voyage, notre fils demandait déjà à repartir. Nous avons réservé les billets pour notre deuxième roadtrip une semaine après notre retour. Véridique. Et en hiver #mêmepaspeur !

  • Le minimalisme : un passage obligatoire mais pas évident quand on s'expatrie avec des enfants


Arrivée à l’aéroport international Jean-Lesage (Québec) - © Stalimapics



Ce concept peut être à l’opposé de la réalité d'une vie de famille. Tu achètes, les enfants grandissent, les jouets s’entassent. Nous sommes tous pareils. Et pour nos enfants, chaque petit jouet ou autre babiole, même délaissé depuis des mois au fond d’un bac ou dans une armoire devient tout à coup essentiel ! Alors, il va falloir user de toute ta force de persuasion et d’une technique digne d’une négociation commerciale pour y arriver. Ainsi, il faudra surement te désencombrer de ces Playmobils, de cette peluche ou même de ce jeu de société dont il manque la moitié des pièces, mais qui sentimentalement représentent tellement pour lui/elle. Bienvenue au club !

Là aussi, il y a toujours une solution (pour ne pas dépenser 1 000 €/m3 envoyé par transport maritime). Nous avons opté pour "la technique de la carotte" avec quatre piles.

  • Une pile de jouets à donner (ceux qui sont encore dans un état satisfaisant que nous avions l’habitude de ramener dans un hôpital de Strasbourg),

  • Une autre pile de jouets à jeter,

  • Une troisième à emmener avec nous (Hé non, nous ne sommes pas des tyrans),

  • et la dernière, une pile d’objets et jouets à vendre.

Le principe était que si mon fils jouait le jeu, je me débrouillerais pour tirer le meilleur prix des jouets vendus. Je mettrais le tout dans une cagnotte afin que, dès notre arrivée, il puisse se racheter tout ce dont il a envie. Absolument tout ! Noël avant l'heure.

Encore une fois, c’est lui qui a décidé quel serait le jouet qui irait dans quelle pile. Et ça a marché !


2. Une préparation millimétrée pour une immigration en famille réussie


Quand tu démarres un projet tel que l’expatriation en famille, la préparation est essentielle. Je ne dis pas que c’est impossible de le faire en improvisation totale mais je vais essayer de t’expliquer les détails d’une expatriation en famille réussie, tirés de ma propre expérience.


Je te conseille de réaliser une feuille de route détaillée séparant santé, logement, école, administratif, logistique, animaux domestiques etc. L’idée est de pouvoir rassurer ton enfant et de discuter avec lui de l’avancement du projet. Certaines étapes ne seront pas évidentes, comme le « dernier » Noël en France, ou l'anniversaire avant le départ, ou encore, le fait de quitter la maison de son enfance. De notre côté, notre fils était tellement emballé que finalement, toutes ces étapes se sont très bien passées. Naturellement, il y a eu des hauts et des bas, mais pas de tension liée directement à notre projet. La nostalgie et le manque sont des sentiments légitimes et cycliques, que nous ressentons tous. À l’échelle d’un enfant, ils peuvent forcément être décuplés.


Pour en revenir au sujet de l'apprentissage des langues dont on a discuté dans mon premier article, là aussi ce ne sera pas à négliger. Si tu comptes déménager à l'étranger mais dans une région francophone, ce sera bien moins complexe qu'une installation en Amérique Latine ou en Asie par exemple. Profite des mois précédents pour faire un premier apprentissage avec ta petite famille. Si vous êtes déjà avancés, pourquoi pas une formation de renforcement (ou de survie ?) en anglais par exemple ou dans la langue locale de ta destination. Parallèlement, l'utilisation de certaines applications comme Duolingo ou Rosetta Stone est très efficace. Elles ont très bonne réputation. Personnellement, nous avons utilisé la première (version gratuite) comme une approche des fondamentaux (expression, vocabulaire) pour notre fils et utilisons aujourd’hui la seconde (payante) pour perfectionner son anglais et démarrer l’espagnol.


Bien évidemment, l'idéal avant une expatriation en famille serait un voyage en immersion (“Woofing”, programmes d’échanges étudiants, séjourner chez une famille sur place, échange de maison grâce à HomeExchange, etc.). Passer quelques semaines à l'étranger, "chez l'habitant", apportera une valeur ajoutée exceptionnelle.



En conclusion : «On s'expatrie avec les enfants ? »



Jour J - Expatriation au Québec - © Stalimapics

Ne doute jamais du bien-fondé de ta décision. Tu t’apprêtes à offrir une expérience inestimable à tes enfants. Que ce soit une expatriation en famille à long terme, une simple étape de ta vie, voire une courte parenthèse pour mieux rebondir ensuite, tu fais le choix qui te semble opportun et le plus bienveillant pour ta famille et toi. À ce sujet, je te propose d’écouter l’épisode 17 de la Saison 1 où Sabrina nous explique comment l’expatriation a pu contribuer au bonheur de son fils. Aussi, quoi de mieux que le regard d’un enfant pour nous expliquer l’aventure de l’expatriation : Eva, 11 ans, nous raconte son aventure, puisqu’elle a suivi ses parents à deux reprises en Californie ! J’ai été réellement impressionné par son recul et sa vision des choses. Selon Eva, “il ne faut pas avoir peur, (...) ils (les futurs enfants expatriés) ne vont pas être déçus". Après un an d'expatriation, elle est heureuse. Sa famille lui manque, mais si l’on devait “ne pas y penser”, elle voudrait réellement rester aux Etats-Unis. D’ailleurs, elle répond innocemment à Anne-Fleur, qu’elle se sent déjà plus “américaine que française”. Quelle belle intégration.


Au final, ton enfant risque forcément à un moment ou à un autre de ressentir certaines émotions plus ou moins agréables, d’avoir des doutes ou un manque quelconque. Mais une chose est sûre, ce projet lui apportera forcément quelque chose de positif : un enrichissement futur.



PS : Pour développer davantage ce sujet, je t’invite à écouter les nombreuses histoires inspirantes des invités du podcast comme par exemple :


Saison 2 Épisode 8 : Amélie s’est installée au Canada avec ses deux enfants. De Paris à Montréal, sans plan prédéfini, juste une envie d’évasion !


Saison 1 Épisode 37 : Katy a voyagé plusieurs mois en Asie et en Australie avec ses 3 enfants pour finalement retrouver l’envie de s’installer. C’est au Vietnam qu’ils ont posé leurs valises.


Saison 1 Épisode 23 : Fanny, maman à 100% d’une belle petite tribu, pour qui l’expatriation aux US n’était absolument pas motivée mais qui, après un faux départ, s’est finalement avérée être une évidence.


Photographies et texte de Steve Blumstein

www.stalimapics.com

@stalimapics


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