• Fanny Cohen

Grandir en Afrique : les souvenirs d’enfance de Sarah au Sénégal et à Madagascar

Mis à jour : avr. 30

C’est en revenant en France à 10 ans que j’ai découvert ce qu’était un choc culturel. Passer d’un pays pauvre à un pays développé, c’est loin d’être évident surtout quand on rentre dans l’adolescence.


Ces années d’enfance restent aujourd’hui parmi mes plus beaux souvenirs, ceux qui restent ancrés en moi comme pour me rappeler d’où je viens à chaque décision que j’ai à prendre. Grandir dans des pays en voie de développement amène à assister à des scènes de quotidien qui paraissent irréelles en Europe. En grandissant, ce sont des souvenirs qui poussent à se remettre en question, à mesurer la chance que l’on peut avoir et à se questionner sur les actions qu’on pourrait mener pour aider les autres.


A mon arrivée en France, j’ai découvert les bus de ville, bien loin des car rapides qui contiennent plus de personnes que de places. J’ai découvert une autre façon de manger, ce qu’était que de faire la queue au supermarché, ce qu’était un produit congelé. J’ai aussi découvert que les poubelles de rue ne ressemblaient pas à des bennes à ordures. Que l’eau courante était présente dans tous les foyers et que tous les enfants recevaient une éducation.

Plus grande, j’ai découvert la facilité d’accès au soin. Et plus particulièrement, en France, la gratuité des soins.


On pourrait croire comme ça, que les pays pauvres regorgent de défauts, et pourtant, ils ont une richesse propre qui reste insoupçonnée : les Hommes. Vivre en Afrique, c’est surtout vivre avec du monde. Quand en France, dire bonjour dans la rue relève presque du miracle, c’est un acte simple et quotidien là où j’ai grandi. Les gens se parlent, ils se connaissent, ils sont solidaires et avenants. Ils ont à coup sûr bien moins de moyen que ce qu’on peut avoir en Europe, mais ils sont d’une générosité sans égale. A chaque coup de mou, à chaque journée morose, on peut recevoir un soutien sans faille.


Je ne vous ferai pas l’apologie de la vie en Afrique, pour cela, je vous invite à écouter mon épisode (saison 2, épisode 14), où j’ai livré beaucoup de mes souvenirs à Anne-Fleur. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir ces lieux et places à ne pas rater quand on se rend au Sénégal ou à Madagascar.




Archives personnelles



1. Le Sénégal


a. Lieux historiques

  • Ile de Gorée

Située en face de Dakar, la capitale du Sénégal, Gorée est au cœur de l’histoire Sénégalaise. Une partie de l’histoire pas des plus évidente puisqu’entre le XVe et XIXe siècle, l’île de Gorée a été le plus grand centre de départ des esclaves sur la côte africaine.

A contrario, l’île, triste témoin de la traite négrière, est une pépite d’architecture. Elle regroupe des maisons vives en couleurs qui ont été préservées notamment grâce aux mesures prises pour la classer centre historique depuis 1944, puis a été inscrite sur la liste du patrimoine national en 1975 et sur celle du patrimoine mondial en 1978.

Aujourd’hui, Gorée retient les souvenirs douloureux datant du colonialisme. Elle est vivante pour ne pas oublier ce qu’il s’est passé, à l’image d’une terre de pèlerinage.


C’est aussi là- bas que j’ai mangé les meilleurs beignets à la banane !


  • Joal-Fadiouth, Ile aux coquillages

Située au Sud-Est du Sénégal, Joal-Fadiouth est une île artificielle constituée d’un amoncellement de coquillages. À la période coloniale, il s’agissait d’un des plus grands comptoirs de commerce de l’Ouest du Sénégal. Ce développement du commerce attire les fédérations chrétiennes qui s’installent sur la côte.


Aujourd’hui, en plus d’être un endroit atypique pour sa constitution, l’île aux coquillages est un exemple de vie en communauté. En effet, on y retrouve deux des grandes religions monothéistes (Christianisme et Islam) qui y vivent en symbiose. Une population qui partage rites et traditions dans une vie culturelle ouverte sur le monde.


  • Saint Louis

Ah, Saint Louis. Les passionnés d’aéropostale ne pourront pas louper cette étape. Baptisée ainsi en l’honneur du roi de France, Louis IX, Saint-Louis a été fondée en 1659. En 1927, Mermoz fait de Saint Louis un point central de l’aéropostale en créant la ligne Toulouse - Saint Louis - Dakar. C’est aussi, à partir de Saint Louis que l’aviateur décide d’entreprendre la route vers le Brésil.

Saint Louis reste donc dans l’histoire comme le point d’ancrage de la liaison entre l’Afrique et l’Amérique du Sud puisque le succès de la ligne Saint Louis - Natal a permis d’établir de manière définitive une liaison régulière entre Toulouse et Santiago du Chili.


b. Nature

  • Lac rose

S’appelant officiellement lac Rebta, le lac rose est l’un des sites les plus visités au Sénégal. Mais attention, il n’est pas rose tout le temps. En effet, sa couleur rose est due à la production d’un pigment rouge par un micro-organisme. Néanmoins, ces pigments permettent à son producteur de résister aux rayons de soleil et à la concentration de sel. Aussi, vous l’aurez compris, c’est plutôt en période sèche (entre Novembre et Juin) que le lac devient rose.


  • Niokolo Koba

Le parc naturel du Niokolo Koba est un des joyaux du Sénégal. Il longe les rives de la Gambie et abrite une faune et une flore riches. Il regroupe 913 000 hectares d’espèces à observer dans leur milieu naturel. Il regroupe aussi des zones aménagées pour bivouaquer. Vous pouvez donc choisir d’y passer plusieurs nuits en totale autonomie ou de souffler un peu, dans une zone prévue à cet effet.


  • Sine Saloum

Au sud de la petite côte du Sénégal, le Sine Saloum est un delta formé par la confluence de deux fleuves (le Sine et le Saloum). C’est l’une des plus belles régions du pays entre fleuves, mangroves et sable. Le parc est l’endroit rêvé pour observer de nombreuses espèces d’oiseaux et se ressourcer au plus proche de la nature.


  • Langue de Barbarie

Située à l’embouchure du fleuve Sénégal au sud de Saint-Louis, la langue de Barbarie est une réserve ornithologique qui s’étire sur 15 kms. La visiter à pieds est une expérience unique afin de se plonger dans la faune sénégalaise. Mais l’observer du ciel rend le voyage encore plus surprenant. Soyez patient et guettez l’envolée des flamands roses.


c. Gastronomie

  • Thieboudienne : littéralement du riz au poisson. Mais c’est bien plus complexe que ça : on y retrouve des épices propres au Sénégal qui parfume le plat et donne au poisson un goût fumé.

  • Yassa : mon plat préféré de tout temps. C’est du poulet grillé mariné dans du jus de citron et des oignons. Si vous vous rendez là-bas, il faut absolument y goûter.

  • Bissap : le goût très marqué de l’hibiscus séché est propre à cette boisson que vous ne trouverez nulle part ailleurs.



Manjakamiadana - Palais sur la colline, archives personnelles



2. Madagascar


a. Lieux historiques

  • Rova Manjakamiadana

Ou encore palais de la Reine, il s’agit là de la demeure des souverains malgaches au 19e siècle. Perché sur une des milles collines de Tana, ce palais domine la skyline de la capitale et est visible à des kilomètres. Au cœur de l’histoire malgache, il s’agit à mon sens d’un lieu incontournable.


  • Ambohimanga

Située au nord de la capitale, Ambohimanga est une colline qui abrite les vestiges d’une place forte traditionnelle. Chargée d’histoire et traduisant les vestiges du Royaume Marina, cette colline est à la fois un lieu qui se visite mais aussi, le point d’arrivée de plusieurs pèlerinages.


  • Canal des pangalanes

Construit par l’homme, ce canal relie la ville de Farafangana à Tamatave. Il longe la côte dans les terres mais très proche de la mer, et est utilisé aujourd’hui comme une route fluviale importante pour le commerce.

Cette construction de l’Homme, bien que pratique, crée aussi un paysage inédit dès lors que l’on prend de la hauteur.


b. Nature

  • Allée des baobabs

Impossible de se rendre à Madagascar sans passer par l’allée des baobabs. Majestueuse, c’est une des attractions populaires du pays. Pourtant, la plupart des touristes ne font que la traverser sans prendre le temps de s’y arrêter. Entourée de marais, il suffit de s’éloigner de la route pour y voir un paysage encore plus spectaculaire où ces arbres gigantesques se reflètent dans l’eau silencieusement. A toute heure de la journée, ce paysage est à couper le souffle.



Allée des Baobabs - archives personnelles

  • Tsingy de Bemaraha ou de l’Ankarana

S’il y a bien un lieu spectaculaire, qui prouve à quel point la nature est surprenante, ce sont les Tsingy. Il s’agit d’un terrain de roches affûtées culminant à plus de 60 mètres de haut. Les balades y sont inédites, tantôt perchées en hauteur, tantôt au cœur de la roche.


  • Isalo

Au sud de l'île, s’étend le parc de l’Isalo. Ici, on retrouve une dense population de lémuriens ainsi que des grès jurassiques et du bois fossilisé. Sculpté par l’activité géologique des plaques tectoniques, l’Isalo est un immanquable pour les amoureux de la nature. En quelques kilomètres le paysage passe d’une forêt, à la savane ou encore à une terre de feu.


  • Mer d’émeraude

Situé au Nord de Madagascar, à l’entrée de la baie de Diego-Suarez, ce lagon porte parfaitement son nom. Les plages de l’océan indien ont la réputation d’être incroyables, mais la mer d’émeraude est un petit joyaux. Tout y est idéal : la couleur de l’eau, sa température, ainsi que son sable blanc d’une extrême finesse. La plage de rêve par excellence !


c. Gastronomie

  • Roumazave : plat national malgache qu’on retrouve dans toutes les régions et cuisiné à base de bœuf et de brèdes.

  • Rougail : spécialité créole que l’on retrouve aussi souvent à la Réunion, il s’agit d’un plat à base de saucisses et de tomates hachées très parfumé.

  • Brochettes de Zébu : le petit truc en plus de ces brochettes, c’est qu’elle se dégustent dans la rue sur des tables de fortune. Cuites sur le grille et constituées de petits morceaux, ce qui fait toute la différence de ce street-food c’est de savourer la vue depuis laquelle on le mange.


Si voyager un peu en Afrique vous a plu, n’hésitez pas à me suivre sur instagram, où je partage mes voyages.


Sarah


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