• katdelapampa

Voyage entre soeurs : pour le meilleur et pour le pire, partie 2


Bon comme je sais que nos mésaventures australiennes t’ont beaucoup fait rire, on s’est dit avec l’équipe qu’on allait continuer à te régaler avec la suite ! Après le ranch maudit, l’allemande au nez de cochon qui parlait français et l’araignée géante de la clim’, bienvenue dans la partie 2 de nos aventures ! Si tu veux (re)découvrir la partie 1, tu peux la lire ici.



Les fourmis …


Au cœur de la Tasmanie, alors que le soleil commençait à descendre, nous nous sentions comme deux aventurières dignes de Koh Lanta car nous avions réussi à allumer un feu avec… *roulement de tambour* un briquet ! Nous étions au milieu de nulle part, et nous commencions doucement à nous habituer à cette vie de baroudeuses en van. Il était temps pour nous de passer au niveau supérieur et de cette manière : l’heure du rite initiatique du ‘ pipi au cœur de la nature australienne ’ avait sonné.


Gaëlle s’est lancée, telle une guerrière des temps modernes et alors que je prenais des photos de notre superbe feu, j’entendis un hurlement strident. Panique à bord ! Mon cœur s’est emballé et je me suis imaginée les pires scènes de films d’horreur. Avait-elle été attaquée par un python géant ? Était-elle face à un kangourou agressif ? Une veuve noire (araignée charmante à découvrir sur Google) l’avait-elle mordue ? Les quelques mètres à faire qui nous séparaient me paraissaient être une éternité.


Je découvris ma sœur en panique, les yeux rivés sur le tronc d’arbre à côté d’elle. Elle venait de se faire piquer les miches par une fourmi qui s’était échappée de sa colonie. Même si on était loin de l’anaconda dévoreur que j’avais en tête, je n’étais clairement pas prête pour ce qui allait suivre.


Il faut savoir qu’en Australie à peu près tous les insectes et animaux (j’abuse à peine) veulent ta peau. Et certains types de fourmis peuvent être dangereuses elles aussi.

48 heures plus tôt, j’avais eu la bonne idée de raconter un fait divers australien que j’avais lu dans un journal : ‘ une allemande tuée par des fourmis ‘. En réalité, c’était la faute à pas de chance car les fourmis n’étaient pas mortelles mais la réaction allergique que celle-ci a eu suite à ses piqûres l’avait été. Mais c’était un cas très rare et absolument exceptionnel.


Évidemment, Gaëlle avait uniquement retenu les mots suivants : touriste, fourmis, mort.



© Photo par Poranimm Athithawatthee - Pexels


La crise de panique avait commencé.


Elle savait que la touriste était morte en 20 minutes. Le chrono était donc lancé. J’assistais impuissante à la scène. Mes gestes et mes mots n’avaient absolument aucun impact et c’était bien la première fois que cela m’arrivait. Entre la piqûre, la montée de stress, la gorge qui se noue, les larmes qui coulent, et les ‘ MAIS DIANE T’ES PAS MÉDECIN! T’EN SAIS RIEN SI JE VAIS SURVIVRE ! MAIS JE PEUX PAS MOURIR À CAUSE D’UNE FOURMI ! C’EST DONC ÇA MA VIE ? MOURIR À PAS MÊME 20 ANS LA MICHE CROQUÉE PAR UNE PUTAIN DE FOURMI ? ON PEUT PAS ÉCRIRE ÇA SUR MA PIERRE TOMBALE BORDEL !’


Elle arrivait à être drôle même en pleine crise, mais quand entre 2 hyperventilations elle prit le téléphone pour appeler notre petite sœur et mon père qui eux se trouvaient en France afin de leur faire ses adieux, la situation prenait une toute autre tournure. 17 000 km nous séparaient, 9h de décalage horaire, sans oublier un bon gros réseau de merde qui coupait la moitié des mots qu’on prononçait en ligne… Vous imaginez le tableau ?

D’un côté Gaëlle et Manon en larmes en train de se hurler des je t’aime et de l’autre mon père qui essayait de relativiser et me demandait l’explication concrète de ce qui était réellement en train de se passer. Je lui racontais toute l’histoire et lui expliquais que pour quelqu’un à qui il était censé rester seulement 9 minutes de vie, je trouvais (dieu merci) notre drama queen en pleine forme.


Évidemment une fois les 20 minutes passées, tout le monde a fini par rire de la situation mais j’en profite quand même pour préciser que nous n’avions pas d’aspivenin (et ce pendant toute la durée de notre voyage) et c’est clairement un ‘accessoire’ indispensable, parce qu’ en vrai … on ne sait jamais à quoi on peut être confronté et dans un pays comme celui-ci mieux vaut être préparé.



Tu te souviens de notre Helpx dans un ranch qui avait été un véritable échec dans la partie 1 ? Et bien il est temps que je te parle du second.


J’ai toujours aimé travailler avec les enfants, j’ai été monitrice de colo pendant des années et je me destinais, à la base, à être enseignante. C’est donc assez naturellement que lorsque nous avons vu un HelpX qui consistait à aider une professeure en fin de carrière dans une école que nous avons décidé de sauter sur l’occasion. Le couple australien qui allait nous accueillir avait l’air charmant et nous avions hâte à cette nouvelle aventure.


Bon, comme tu peux l'imaginer, ça ne s’est pas tout à fait passé comme prévu.


La maison était en banlieue de Melbourne. Le mari nous a accueilli chaleureusement et nous a emmené faire les courses afin que nous ayons ce que nous aimions le matin. Le soir, quand sa femme, la prof, est arrivée et que nous nous sommes retrouvés tous les 4 dans la salle à manger, un oiseau est venu se crasher sur la vitre et est mort sur le coup. ‘Ça arrive souvent ‘ nous avait-elle dit. Je suis quelqu’un qui croit beaucoup aux signes et pour moi celui-ci ne présageait rien de bon.


Le lendemain nous sommes allés à l’école, afin d’aider la prof. J’avais tellement hâte de rencontrer des enfants d’une autre culture, d’une autre langue ! Elle nous emmena dans le grand hangar où elle donnait ses cours d’arts plastique et avant que ses élèves n’arrivent, nous nous sommes retrouvés à l’arrière. Elle ouvrit une porte et nous nous retrouvâmes face à des monticules de cartons de plusieurs mètres. Les toiles d’araignée pullulaient et la poussière était tellement présente qu’on la voyait virevolter dans l’air. Elle nous fit comprendre qu’il fallait trier toute la pièce et la nettoyer, et que nous n’irions pas nous occuper des enfants tant que toutes les pièces de l’arrière du hangar n’étaient pas faites.

Ce n’était pas vraiment ce qu’elle nous avait vendu sur son annonce. Elle aurait mieux fait d’écrire directement ‘ recherche deux cendrillons françaises pour me la péter auprès de mes collègues et m’éviter tout nettoyage et rangement avant mon départ en retraite'. Vieille morue va. Le désenchantement était total mais, en tant qu’éternelle optimiste, j’imaginais que demain serait sûrement mieux.



© Photo par Ketut Subiyanto - Pexels


Le deuxième jour, nous avons continué à ranger, nettoyer, trier, cartons, peinture, paillettes, et tout autre matériel d’arts plastiques. Le midi, la prof nous a présenté à ses collègues comme ‘ la tendance du moment à avoir chez soi ’. Encore un moment très agréable… D’ailleurs avec du recul, je ne suis pas sûre que nous avions le droit de travailler dans une école auprès d’enfants, sans contrat, même pour du bénévolat.


Même si j’ai finalement pu passer la dernière heure avec les enfants, nous étions loin de vivre ce que nous avions imaginé. Nous avions la constante impression de déranger la prof, même à la maison et elle n’était vraiment pas agréable malgré tout ce que nous faisions pour que ça se passe bien. Nous avons commencé à réfléchir à partir. nous n’avions pas traversé la planète pour s’ennuyer, ranger et faire du ménage. Le soir venu, nous avons assisté à un repas de famille avec une ambiance tellement étrange que s’en est indescriptible. Mais je me souviens combien nous avons eu envie de mettre les voiles ce soir-là et combien le comportement de la professeure nous dérangeait de plus en plus.


Le troisième jour, elle était particulièrement désagréable et nous avons décidé de partir. Elle dégageait quelque chose aux antipodes de son mari qui lui était une véritable crème, et nous sentions un si grand malaise que le soir venu, nous nous sommes entraînées à passer nos valises par la fenêtre de notre chambre, afin de nous enfuir sans avoir à lui parler. L’une dans la chambre, l’autre dans la rue, on aurait dit une véritable mission commando : ‘ à 3 on lève en même temps ! 1,2,3 !!! MAIS T’AS MIS UN CORPS DANS CETTE VALISE OU QUOI ?! ‘

L’échec était total.


Le lendemain matin, la porte d’entrée venait de claquer et Gaëlle me réveilla précipitamment. La prof venait de partir faire son jogging du matin, nous avions une demi-heure devant nous pour lever le camp. C’était comme une sorte ‘d’instinct de survie’ on ne voulait ni ne pouvait plus rester ici. Nous nous sommes retrouvées nez à nez avec le mari et j’ai dû expliquer que nous devions partir et retourner à Melbourne. Nous nous sommes empressées de monter dans le Uber que nous avions commandé et nous ne sommes jamais revenues.



Nos aventures au cœur de l’Australie ont duré 6 mois, et vu la chance que nous avons, tu peux imaginer les nombreuses anecdotes qui nous sont arrivées… Je pourrais te raconter notre expérience à la grande barrière de corail, ou comment nous nous sommes retrouvées ensevelies dans la gadoue au point que nous avons dû être tractées par des locaux, ou encore comment nous avons failli finir dans un ravin à cause de Google, comment j’ai fini pendant près d’une année avec deux traces noires en forme de knakis sur les fesses à cause d’un dangereux coup de soleil, comment nous nous sommes retrouvées à devoir extirper une énorme noix de macadam des trous de nez d’une enfant de 8 ans etc.


Mention spéciale à notre bonne étoile qui ne nous a jamais laissé tomber malgré les nombreux défis et qui ne sera jamais au chômage avec nous.


Merci à toi d’avoir lu ! Je suis sûre que tu as toi aussi d’incroyables anecdotes de voyages à nous raconter, on a hâte de te lire en commentaires ! ;)


Kat





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